Iasi

Réputée avoir été construite sur les versants de sept collines, Iasi fut la
capitale de la Principauté de Moldavie. Elle est réputée pour son
université créee en 1860 (la première université de langue roumaine et l'une des
plus prestigieuses). Appelée la ville des chroniqueurs car beaucoup
de fondateurs de la culture roumaine y sont nés ou y ont vécu, Iasi
est située sur la route commerciale traditionnelle vers la Russie,
et a été considérée comme la capitale culturelle et spirituelle de
la Roumanie jusqu'au début du XXème siècle. C'est en effet là que
s'est constitué le mouvement politico-littéraire "Junimea" qui grâce à des membres prestigieux tels que Mihai Eminescu ou Ion
Creanga donna ses lettres de noblesse à la littérature roumaine. Bon
nombre des grands artistes roumains sont d'ailleurs nés dans la
région : M. Emniscu, I. Creanga, V. Alecsandri, G. Enescu, S.
Luchian… La ville retrouva son statut de capitale lors de la
première guerre mondiale lorsque le roi et le gouvernement roumain
fuyant Bucarest occupée vinrent s'y réfugier. Capitale spirituelle
enfin, puisqu'elle abrite les reliques de Sainte Parascheva, révérée
dans tous le monde orthodoxe et qui donne lieu au pèlerinage le plus
important d'Europe orientale. La ville connaît encore aujourd'hui
une vie culturelle et universitaire intense.
Outre l'Université généraliste "Alexandru Ion Cuza", Iasi compte
aussi l'Université Technique "Gheorghe Asachi", l'Université de
Médecine et de Pharmacie "Gr. T. Popa", l'Université de Sciences
Agronomiques et Vétérinaires "Ion Ionescu de la Brad", l'Université
d'Art "George Enescu" ainsi que des universités privées qui
entretiennent toutes des rapports privilégiés avec les universités
du milieu universitaire françaises.
Iasi ressemble à un musée en plein air. De quel côté que l'on
regarde, l'on voit de vieux murs, certains d'une allure
impressionnante, d'autres aux détails raffinés. Le Palais de la
Culture est devenu le symbole indiscutable de la cité. Construit
après maintes péripéties, entre 1905 et 1925, d'après les projets de
l'architecte Ion D. Berindei, très connu en son temps, il témoigne
d'un style néogothique flamboyant. C'est un édifice monumental, aux
salles et galeries intérieures vastes et élégantes.
La colline de Copou
La colline est traversée d'un large boulevard ombragé, baptisé du nom du premier roi de Roumanie (Carol Ier) mais qui porte plus volontiers le nom du village qui existait à l'extérieur de Iasi, avant que la ville ne le rejoigne, « Copou ».
Cette zone, idéale pour la promenade, est le poumon vert, le quartier résidentiel et une des principales zones universitaire de Iasi. Là sont concentrés 2 parcs, le jardin botanique, deux universités, la bibliothèque universitaire et les centres culturels français, allemand et britannique. Les nombreuses résidences étudiantes qui s'y trouvent apportent beaucoup d'animation au quartier.
Au bas de la colline, sur la droite lorsque l'on monte le boulevard, se trouve la rue Pogor et la belle « Casa Pogor » (du nom d'un des maires de Iasi), siège du Musée de la littérature roumaine. Plus haut, sur la gauche, le siège de l'université « Alexandru Ioan Cuza », qui a été la première fondée en Roumanie, en 1860, et qui compte maintenant plus de 25 000 étdudiants, ce qui en fait la plus importante de Iasi. Notons que son bâtiment principal a été construit entre 1893 et 1897 sur les plans de Louis Blanc. On y trouve un département de langue et littérature française ainsi qu'un lectorat de français.
En face de l'université se trouve la rue du général Berthelot. Chef de la mission militaire française en Roumanie pendant la première guerre mondiale, le général Henri Mathias Berthelot habita à Iasi dans une maison de la rue qui porte aujourd'hui son nom. Cette maison appartenait au docteur George Bogdan, ami de la France et président du Cercle d'études françaises « Lutetia » qui avait également son siège dans le quartier. Une plaque commémorative existe sur la maison et indique le général a reçu la citoyenneté roumaine pour son action en Roumanie.
Le parc de Copou est le lieu privilégié pour les promenades des étudiants romantiques, des parents avec leurs jeunes enfants et des retraités habitants le quartier. Il possède un musée, un centre culturel, le « tilleul d'Eminescu » où le célèbre poète rencontrait sa bien-aimée, de nombreux bustes de personnalités de Iasi et l'obélisque des quatre lions située en son centre. Un peu plus loin, vers le sommet de la colline de Copou, juste avant l'université des sciences agronomiques et vétérinaires, se trouve enfin l'immense Jardin botanique, le premier créé en Roumanie, avec notamment, une source d'eau minérale (exploitée et commercialisée), une grande roseraie et des serres tropicales.
Sites touristiques
Le Palais de la Culture:

Construit au centre de la ville médiévale, dans l'enceinte même
de l'ancienne cour princière, ce palais remplit pendant trente ans
des fonctions administratives. En 1955, il devint Palais de la
Culture et il héberge depuis quatre importants musées : le Musée
d'Art, le Musée d'Histoire de la Moldavie, le Musée Ethnographique
de Moldavie et le Musée Polytechnique.
Le Palais Roznovanu (la Mairie):

Au début du XIXème siècle, dans le secteur de la Grande Allée de
Iasi, existait la maison de Iordache Roznovanu, Grand Chancelier
moldave. Plus tard, Iordache Roznovanu, aspirant au trône de
Roumanie, Président du Divan (Assemblée Consultative des
Principautés Roumaines), construisit à cet endroit un nouveau
Palais, qui fut inauguré en 1832. Edifié selon les plans de Gustav
Freywald, le nouveau bâtiment, construit initialement en style
néoclassique viennois, avait le frontispice paré de statues en
marbre représentant des personnages mythologiques, tels Diane et
Apollon. En 1960, le Palais Roznovanu est devenu le siège du Conseil
Populaire (Conseil Municipal) de la ville de Iasi. En 1973 il a été
de nouveau restauré. Aujourd'hui, il est le siège de la Mairie de
Iasi.
Bolta Rece:

Le fameux restaurant Bolta Rece est mentionné pour la première
fois sous ce nom en 1786. Le bâtiment de style moldave traditionnel
a été construit en 1806 à l'emplacement d'anciennes caves. Bolta
Rece n'a pas été seulement un endroit où l'on stocke les vins, mais
une véritable institution. Il est vite devenu "Universitas Vinorum"
(L'université du vin); il y avait même un décalogue du vin qui y
circulait ; le lieu constituait le centre d'attraction pour "la
bohème de la ville". "L'Académie de l'Humour et de l'Intelligence"
de Bolta Rece accueillait souvent les membres de "Junimea" qui
avaient une pièce réservée au fond du restaurant (apellée "la
tanière de Junimea").
Monastères, lieux de culte et cimetières
Iasi compte plusieurs dizaines de monastères et églises orthodoxes, monuments historiques de la Roumanie. On peut citer dans le centre-ville les monastères de Golia (1564), de Barboi (1615) et des Trois-Hierarques (1637), l'église princière Saint-Nicolas (1492), l'église Saint-Sava (1583), la cathédrale métropolitaine orthodoxe (1839) qui contient les reliques de la Sainte Parascheva (Protectrice de la Moldavie et objet d'un pèlerinage), la cathédrale et l'église catholique. Sur une colline dominant la ville se trouvent deux monastères très intéressants : le monastère de Galata (1582) et le monastère de Cetatuia (1669). Iasi, qui avait une très importante communauté juive au début du siècle, compte également une synagogue et un cimetière juif très ancien (plus de 100 000 tombes et un monument dédié aux victimes du pogrom de 1941). Notons également que l'immense cimetière chrétien « Eternitatea » (1876) s'étend sur environ 80 hectares et contient les tombes de plusieurs centaines de personnalités de Iasi.
L'église des Trois Hiérarques:

Gravée en pierre sur la façade méridionale de l'église des Trois
Hiérarques , l'inscription votive nous laisse lire: '...j'ai bâti ce
sanctuaire au nom des trois saints Basile le Grand, Grégoire le
Théologien, Jean Chrysostome et c'est l'archevêque Barlaam qui l'a
consacré en 7147 (1639) au mois de mai, le 6...'. D'emblée, le
vocable situe l'édifice dans un monde qui fut celui des Saints Pères
de l'Eglise , défenseur des dogmes nicéens. Si, alors, dans ce
tourmenté IVe siècle chrétien, les trois théologiens luttèrent pour
sauver l'unité de l'église, voici que les bâtisseurs du sanctuaire
qui porte leurs noms ont réussi douze siècles et demi plus tard à
fondre les nombreuses influences de mondes distincts en un seul
monument, lié structuralement à la tradition du lieu. L'espace
ecclésial ainsi constitué s'est acquis une place de choix dans
l'agglomération médiévale, dans l'art roumain, dans l'histoire du
peuple, du pays et de l'Eglise orthodoxe .
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